De Daniel
à
Joachim

 

Daniel Leblanc (1621-1695)

Daniel serait né en 1626, peut-être à Martaizé,  paroisse de la seigneurie d'Aulnay, en Loudunais, Haut-Poitou, département de la Vienne(86), France. 

Il serait arrivé en Acadie entre 1632 et 1636.

Au recensement de Port-royal en Acadie,en 1671, il  est déclaré avoir 45ans ; il est la seule famille Leblanc en Acadie à cette époque. 

Sa terre est située sur la rive nord de la rivière Dauphin (Anapolis-River), au nord du "Marais-à-Bellisle", à 1 km plus bas que la chapelle St-Laurent ; le Marais-à Bellisle était situé en face de la Prée-Ronde, de l'autre côté de la rivière, à une quinzaine de km en amont de Port-Royal (à l'endroit nommé aujourd'hui Gesner's Creek, Nouvelle-Écosse. 

Daniel Leblanc fut l'un des notables à Port-Royal. Quand le 24 mai 1690 Sir William Phipps, qui venait de s'emparer de la place, exigea de la part des habitants de Port-Royal et de ceux de la rivière Dauphin, de choisir six d'entre eux pour former un Conseil afin de garder la paix parmi eux et d'y administrer la justice, Daniel Leblanc fut l'un de ceux qui furent élus. 

Je remarque à partir des documents de l'Acadie et de ceux de l'exil, que la famille Leblanc fut constamment déchirée entre sa loyauté à la France et son désir de vivre en harmonie avec les Anglais. Il y eut à certains moments des prises de positions opposées à l'intérieur de la famille. A la veille de la déportation les jeunes Leblanc n'ont pas toujours été d'accord avec l'attitude des "conseils des anciens". Plusieurs ont pris les armes contre les anglais. Ceci provoqua le fait que les Leblanc seront parmi les plus touchés et les plus dispersés de tous les groupes familiaux quand viendra la déportation à l'automne 1755. 
 

Pierre Leblanc (1664-1717)

Au recensement de 1686, il demeure sur la ferme paternelle ainsi que ses frères André, René et Antoine. Peu après cependant il vient s'établir à Grand-Prée, dans le Bassin des Mines, ou mourra sa première épouse Marie-Élisabeth. 

Au recensement de 1693 on le retrouve seul, veuf, chez ses parents dans la paroisse de Port-Royal, il a 28 ans. 

En 1694 il épouse en secondes noces Magdeleine Bourg qui n'avait que 16 ans. 

Le 2 août 1695, le capitine Fleetwood Emes, commandant deux frégates anglaises, s'empare de Port-royal. Sous la menace des canons de ses vaissaux de guerre, il force les 47 chefs de familles de Port-Royal à prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre. Pierre et son père Daniel sont au nombre de ces chefs de famille. Avec le curé de Port-Royal, l'abbé Louis Petit et le seigneur Emmanuel Le Borgne ils prêtent ce serment. 

Au recensement de 1698, Pierre a hérité de la ferme paternelle ; son père est décédé depuis un an ou deux et sa mère agée de 75 ans demeure avec lui. 

Pierre devient officier de milice et force, par combat, à Port-Royal le 5 juillet 1704 les envahisseurs Bostonnais à regagner leurs vaissaux. 

En 1707, les Bostonnais tentent de nouveau de s'emparer de Port-Royal. Plusieurs combats s'engagent. Le 28 août 1707, Pierre est blessé à une hanche lors  d''un violent combat près du ruisseau du Moulin. Les  Bostonnais rembarquent sans avoir pris Port-Royal mais non sans avoir causé beaucoup de dommages. 

En 1710, les Bostonnais s'emparent de Port-Royal et y laissent une garnison de 450 hommes. Au printemps de 1711, les Acadiens du Bassin des Mines, qui ne sont pas concernés par les clauses de la capitulation de Port-Royal, projettent de reprendre le fort Port-Royal, avec l'aide des Indiens. Pierre Leblanc, ainsi que quatre autres officiers de milice acadiens et le curé de Port-Royal sont accusés de complicité avec les Acadiens des Mines. Ils sont emprisonnés et envoyés à Boston où ils demeurent captifs jusqu'à l'automne de 1711. L'un des compagnons de Pierre meurt immédiatement après son retour à Port Royal, victime des privations endurées durant la captivité. 

Pierre mourut à Port-Royal le 5 novembre 1717, à l'âge de 53 ans. L'acte de sépulture de sa veuve Magdeleine Bourg, est introuvable. Vivait-elle encore en 1755, lors de la Déportation? Elle aurait eu alors 77 ans. Si elle vivait encore elle ne dut pas survivre aux souffrances et aux privations que les Acadiens eurent à supporter à cette occasion. 

Paul Leblanc (1708- 1773)

Paul est né pendant la captivité du curé de Port-Royal à Boston en 1711. Par conséquent l'acte de baptême de Paul est introuvable.Paul, surnommé Polet, a été déporté au Massachusetts avec les membres de sa famille. En 1767, Paul vient s'établir au Québec sur des terres situées au nord du Petit-Village-Godefroy dans la région de Nicolet, avec sa famille, à l'exception des ses trois fils Joseph, Charles et Bonaventure faits prisonniers et qui s'établiront à Memramcook.
Il décède à Petit-Village-Godefroy, Bécancour, le 13 mars 1773.
La veuve de Paul Leblanc est décédée à Nicolet le 1er juin 1795.

François Leblanc (1750- 1823)

François n'avait que 4 ans au moment de la déportation. 

Dans les registres de mariages de la paroisse de St-Antoine-de-Rivière-du-Loup, Louiseville, les noms de François Leblanc et Marie-Josephe Paquin apparaissent comme étant les parents de Joseph (Marie Laurent), Louise (Joseph Gagnon), Josephte (Pierre Tisdel), François (Josephte Lemaître), Albert (Geneviève Béland), Basile (Agnès Gagnon),

François était le serviteur du Père Dominique Petrimoulx, récollet. Sous les conseils de ce dernier François, garçon volontaire * , achète une terre située au fief Grandpré, le 25 mai 1774, de monsieur Joseph Lambert de la Rivière du Loup (1767-1796-Badeau, J.-B., TR). C'est devant ce prêtre que François s'est marié à Louiseville le 7 janvier 1778. Il avait 25 ans et Marie Josephe 17 ans. Les témoins sont Jean-Baptiste Pichet, frère de l'épouse et Daniel Forbes son beau-frère.
* garçon volontaire : journalier à la différence d'employé à termes.

Albert Leblanc (1801 -1884)

Albert et Geneviève Béland se marièrent à la Rivière-du-Loup en 1824. Mon grand-père Ernest disait de son grand-père Albert qu’il était un ancien capitaine. C’est lui qui bâtit une maison dans la concession Waterloo aujourd’hui le rang Waterloo à Ste-Angèle-de-Prémont. Ils eurent 7 enfants : Jean-Baptiste mon ancêtre, Joseph marié à Sophie Trépanier, Jules (Julien) marié à Louise Lescadres, Antoine marié à Louise Bellemare, Basile marié à Émilie Chrétien, Délima et Paul marié à Louise Béland.

Jean-Baptiste Leblanc. (1847-1923)

Il épousa Marie-Louise Lessard le 9 janvier 1872 à Ste-Ursule. Jean-Baptiste hérita de la terre de son père Albert en 1869.  C’est de cette terre dont hérita mon grand-père Ernest un des trois fils du couple avec Joseph marié à Malvina Gagnon puis Marie-Anne Guimond et Arthur marié à Marie-Louise Allard.

Dans l’acte de "Donations entre vifs" d’Albert à Jean-Baptiste l’emplacement de la terre et des bâtiments est ainsi précisé "une terre située dans la paroisse de St-Paulin, (Ste-Angèle fut érigé en municipalité en 1917) dans le rang de Waterloo, contenant deux arpens de front sur la profondeur qu’il peut y avoir à partir du chemin du dit rang à aller aboutir en profondeur aux terres du Petit-St-Charles joignant au nord à Félix Regnière, au sud à une route y existant,..." Cette fameuse route ce n’était qu’un petit chemin à largeur de voiture et qui est disparu aujourd’hui.

Ma mère disait que pépère Baptiste était un homme doux qui aimait bien les enfants mais pessimiste et "chiâleux". Si par un jour de printemps, au temps des semences il se levait un matin et il pleuvait, il ne pouvait donc pas ensemencer. Alors c’était la famine qui allait s’en suivre : pas de semence aujourd’hui, moins de récolte, moins de récolte faudra acheter... la faillite. Je connais quelques Leblanc de la descendance de Jean-Baptiste qui ont hérité de ce trait de personnalité à commencer par mon père et peut-être aussi votre humble serviteur.

Je t'invite à lire l'acte de DONATION ENTRE VIFS par ALBERT LEBLANC et son épouse à leur fils JEAN-BAPTISTE LEBLANC. 

Ernest Leblanc (1877-1968)  

Ernest, mon grand père que j’ai connu épousa Marie-Louise Lessard en 1901 à St-Paulin. Ils eurent 8 enfants : Albéric marié à Anne-Marie Tremblay, mon père Magnus marié à Marie-Louise Lessard, Sévérine morte à l’âge de 3 ans, Thérèse marié à Alcide Lessard, François-Frank marié à Marie-Reine Lessard, la soeur de ma mère, Paul-Émile (Ti-Paul) marié à Madeleine Bergeron, Ludovic marié à Gisèle Bergeron et Marie-Rose-Claire qui n’a vécu qu’un mois et je pense que c’est en souvenir de cet enfant que mes parents ont appelé ma soeur du même nom.

Mon grand-père Ernest c’était la bonté, la douceur, le calme , la paix, la sérénité. Quand je l’ai connu il était déjà assez vieux ; à 10 ans, lui avait déjà 70. Avec mes frères et mon père nous allions souvent les dimanche après-midi à la pêche à la petite truite dans le ruisseau qui traversait sa terre ou plus loin sur sa terre-a-bois, à la rivière Chacoura qui trace les limites St-Paulin (Renversy) et Ste-Angèle (rang St-Charles). On partait avec seul outil dans nos poches : un couteau, de la ligne à pêche, quelques hameçons et pesés, et un "boucau" de vers tirés de la terre du jardin avant de partir.

Arrivés sur place, près du ruisseau, les plus vieux commençaient à fabriquer les lignes à pêche avec les branches d’aulnes. Mon grand-père était un bon pêcheur, il avait la patience d’attendre longtemps... en ne faisant pas de bruit. Et quand il retirait sa ligne avec son ver mangé, pas de poisson, il souriait et calmement, comme si c’était un geste très important, il remettait un verre à son hameçon. Il n’était pas rare que nous revenions avec un souper de truites.

De retour à la maison, juste avant le train, ma grand-mère Marie-Louise nous attendait avec de bonnes "beurrées" de graisse de lard ou trempées dans la crème épaisse recouvertes d’une généreuse épaisseur de sucre du pays finement râpé au pain de sucre avec son grand couteau. Hummmmm..... dans ce temps-là, le cholestérol, ça n'existait pas..........!!!!!!

Mes grands-parents paternels, j’ai toujours eu le sentiment qu’ils nous aimaient bien et que c’était bon de vivre avec eux.

Magnus Leblanc (1906-1976), mon père. 

Mes parents

Mon père Magnus est né le 3 septembre 1906. Il manifesta très jeune un goût marqué pour la lecture et les études. Il me l’a dit déjà et je l’ai cru car je trouvais qu’il était assez peu habile en travaux manuels.

Le curé de la paroisse, l’abbé Adélard Lupien encouragea donc ses parents à le faire instruire d’autant plus qu’il était une possible vocation religieuse. En effet notre père nous disait qu’il aurait bien aimé devenir Père Blanc. Il entra en septembre 1921 au séminaire St-Joseph à Trois-Rivières, pensionnaire, il venait juste d’avoir 15 ans. Il y fit des études jusqu’en Belles-Lettres. Au printemps 1926 il tomba malade et dû revenir à la maison pour un long repos et ne devait plus y retourner. Mon père donc ne termina pas son cours classique. Dans ce temps-là et jusqu’au début des années 1960 on nommait ainsi les années du cours classique : on entrait en Élément latin et suivaient, Syntaxe, Méthode, Versification, Belles-Lettres, Rhétorique, Philosophie I et Philosophie II. Le cours durait 8 ans. L’année scolaire pour un pensionnaire allait de septembre à juin avec quelques jours de congés en famille aux temps de Noël et de Pâques. Durant les vacances d’été mon père travaillait sur la ferme avec ses frères.

Ma mère est née le 23 mars 1909 et baptisée à St-Paulin le même jour. C’était un assez long voyage en voiture à chevaux de se rendre avec un enfant nouveau-né du rang Waterloo à l’Église de St-Paulin, environ 20 km aller-retour. Elle était la deuxième des 5 premiers enfants de la famille, toutes des filles. Chez des cultivateurs les premiers bras à venir au monde c’étaient des bras pour travailler sur la terre aux durs travaux des champs. Ma mère a souvent dit qu’elle et ses soeurs avaient dès leur jeune âge travaillé comme des hommes ; tôt le matin à l’étable pour faire le train, traire les vaches, écrémer, puis durant la saison de la moisson se rendre aux champs, faucher, râcler pour mettre en ondains et à la main faire des vailloches. Puis on chargeait les waguines à éridelles à la fourche en pilotant et foulant le foin. Il fallait ensuite décharger et fouler encore dans la tasserie jusqu’au pignon de la grange. Ce foin engrangé nourrissait les animaux attachés et enfermés pour l'hiver. L'été les bêtes broutaient dans les champs. Puis venait le temps de couper l’avoine et le blé, monter en stouque les gerbes pour le séchage et "battre au moulin" pour en extraire le grain et engranger la paille qui devait servir à mettre sous les animaux dans étable et mêler au fumier des bêtes.

À l’automne c’était le temps des labours , les chevaux attelés à la charrue et le laboureur tenait ferme les manchons du matin au soir pour tracer droits les sillons de la terre nouvelle. Et chez mon grand-père Xavier ce sont d’abord les filles qui ont connu ce dur labeur. Elle n’avaient pas le choix. Il fallait bien vivre et c’est la terre qui mettait le pain sur la table. Et les animaux, en plus des deux ou trois chevaux, une dizaine de vaches, quelques boeufs taures et génisses, des cochons, quelques moutons et une cinquantaine de poules... toutes ces bêtes à soigner (nourrir et nettoyer) et souvent à l’automne, tuer, pour la tablée familiale des fêtes et de tout l’hiver.

Ma mère a grandi et vécu dans le travail. Aujourd’hui encore à 92 ans elle doit pour son bonheur aider selon ses possibilités physiques à repriser et ranger le linge d’autres pensionnaires, surtout s’il s’agit de messieurs qui savent lui le rendre par quelques hommages attentifs.

Leurs fréquentations et le mariage

Selon ce que j’ai retenu des dires de mes parents eux-mêmes et des proches, Magnus et Marie-Louise se sont toujours connus. Un lot de terre de leurs parents se rejoignaient et les maisons étaient presque voisines. Donc ils se voyaient souvent et de la main, d’un champ à l’autre, ils se saluaient. À partir de 1917, le dimanche pour aller à la messe les Leblanc passaient devant la porte des Lessard et souvent Marie-Louise aimait monter en voiture avec eux. À l’église elle montait au jubé car elle faisait partie du choeur de chant.

Mais en réalité, le premier "fréquentant", le premier amour de ma mère fut Alcide Gerbeau. Alcide était le fils de Joseph Gerbeau et de Héléna Masse. Joseph avait épousé en première noce Marie Lessard, la soeur de Xavier le père de ma mère.

Elle sortit avec Alcide de 1925 à 1928, année de son décès. Elle eut son deuxième fréquentant, Magnus, dans le mois qui suivit le décès d’Alcide et se maria l’année suivante. Il y avait un an que mon père était revenu de Trois-Rivières, après interruption de son cours classique. Je pense que ma mère vécut un drame à la mort de son premier amoureux. Elle se plaît à nous parler encore de lui, à l’âge de 92 ans. En effet aujourd’hui, le 10 novembre 2000, je viens de la visiter au foyer Héroux à Louiseville et suite à une de mes questions sur
ses fréquentations elle sortit la photo d’Alcide et pour la xième fois depuis quelques années elle se mit à pleurer en nous (Louise et moi) mimant (ma mère est aphasique depuis une accident cérébro-vasculaire) les circonstances de la mort de son amant : une appendicite dont il ne voulut pas se faire opérer sous prétexte qu’il n’avait pas le droit de faire enlever de son corps des organes que le bon Dieu avait crées.

"Magnus il venait d’une bonne famille, c’était du monde travaillant, ça ne prenait pas un coup, et surtout pas dépensiers".

Mes parents se sont mariés le 28 août 1929 et ont demeurés près d'une année chez mon grand-père Ernest. Ma mère a toujours dit de sa belle-mère qu’elle était une personne "dépareillée" et avec quelle délicatesse elle l’avait accueillie... "elle ne disait jamais un mot plus haut que l’autre". Imaginons une jeune fille de vingt ans arriver du jour au lendemain dans une nouvelle famille où il y a plein de garçons et qui en plus de s’adapter aux nouvelles habitudes, découvrir la vie de couple et remplir les promesses d’obéissance et de fidélité à son époux.... dont elle ne connaît pas encore le comportement qu’il aura envers elle, ignorante de la façon dont allait se passer les actes qui conduisent à la réalisation du but premier du mariage... avoir les enfants que le Bon Dieu voudra bien leur donner en passant pour ça par l’acte sexuel dont elle ignorait encore le rituel. Enfin, elle dût bien apprendre vite puisque ma soeur aînée est née un an après le mariage. Ils eurent 8 enfants dont 7 vivants.

Joachim Leblanc à Magnus à Ernest à Jean-Baptiste à Albert à François à Paul à Pierre à Daniel.
 

   

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